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·6 min de lecture#andes-virus#transmission#science

Virus Andes : le seul hantavirus qui se transmet entre humains

Identifié en 1995, le virus Andes est un cas à part en clinique et en épidémiologie. Voici ce que la science sait de la transmission inter-humaine, et pourquoi c'est central pour la réponse au MV Hondius.

La plupart des hantavirus obéissent à une règle simple : le virus circule dans une seule espèce de rongeur, le rongeur excrète du virus dans son urine et ses déjections, et les humains s'infectent en inhalant les particules séchées. Une fois un humain malade, la chaîne s'arrête. Le virus Andes est l'exception.

Une découverte sud-américaine

Le virus Andes a été identifié en 1995 dans le sud de l'Argentine et du Chili. Son réservoir naturel est le rat à queue longue, Oligoryzomys longicaudatus, largement présent dans les forêts tempérées et les steppes de Patagonie. Comme les autres hantavirus du Nouveau Monde, le virus Andes provoque le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), une maladie sévère où une fuite capillaire dans les poumons peut conduire à une détresse respiratoire aiguë et à un collapsus circulatoire.

Le taux de létalité du SPH causé par le virus Andes se situe entre 25 et 40 % — comparable à celui du virus Sin Nombre en Amérique du Nord, et du même ordre que les estimations précoces pour le foyer du MV Hondius.

Pourquoi la transmission inter-humaine est différente

La transmission classique de l'hantavirus est représentée ci-dessous : le rongeur excrète du virus, les particules sèchent, les humains les inhalent.

Voie de transmission de l'hantavirus

RONGEURréservoir hôteEXCRÉTASurine · déjections · saliveAÉROSOLparticules sèches en suspensionHUMAINinhalation → infection
// Transmission classique de l'hantavirus. La souche Andes ajoute une voie rare — un contact humain rapproché et prolongé.

La première preuve crédible de transmission inter-humaine est venue d'un foyer à El Bolsón, Argentine, en 1996. Les enquêteurs ont retracé des cas chez des personnes ayant eu un contact étroit avec un patient malade — sans exposition propre aux rongeurs. Des travaux épidémiologiques ultérieurs au Chili au début des années 2000 puis en 2018 ont renforcé ce schéma. Partenaires sexuels, membres du foyer et soignants prodiguant des soins sans protection adéquate étaient surreprésentés parmi les cas secondaires.

Surtout, la transmission inter-humaine n'a jamais été documentée que pour le virus Andes, et uniquement dans des conditions de contact étroit et prolongé. Il n'existe aucune preuve de transmission aéroportée banale comme avec la grippe ou le SARS. L'OMS qualifie le risque pour le grand public lié aux événements à virus Andes de faible.

Le virus Andes parmi les hantavirus

Comparé à ses cousins, le virus Andes est sévère mais rare :

Taux de létalité par souche

Andes virus
25–40%
Sin Nombre virus
30–40%
Puumala virus
0–0.5%
Seoul virus
1–2%
Hantaan virus
5–15%
Dobrava-Belgrade virus
10–12%
Échelle
0%10%20%30%40%
// Sources : CDC, OMS, ECDC. Les fourchettes agrègent les valeurs publiées ; les issues réelles dépendent de la disponibilité des soins.

Ce que cela signifie pour le MV Hondius

Plusieurs éléments du cluster du MV Hondius sont cohérents avec l'épidémiologie du virus Andes :

  • Le voyage est parti d'Ushuaïa, la ville la plus australe d'Argentine, profondément dans l'aire naturelle du rongeur réservoir. Une exposition aux rongeurs avant l'embarquement — pendant l'avitaillement, la logistique d'embarquement ou les excursions à terre dans des zones protégées proches — est biologiquement plausible.
  • Un passager suisse a été testé positif au virus Andes après avoir débarqué et être rentré chez lui, fournissant la première confirmation en laboratoire dans le cluster.
  • La dispersion géographique des cas suivants — un passager néerlandais décédé à Johannesburg, un passager britannique évacué en Afrique du Sud, et un cas contact français identifié lors d'un vol d'évacuation médicale — est cohérente avec la période d'incubation longue et variable du SPH (1 à 8 semaines après exposition).

La question centrale pour les équipes de séquençage et de traçage est de savoir s'il y a eu transmission inter-humaine à bord. Si plusieurs cas partagent un génome viral identique mais qu'aucun ne pouvait avoir été exposé aux rongeurs de manière indépendante, ce serait un résultat significatif.

Traitement et prévention

Aucune thérapie antivirale n'est homologuée contre le virus Andes en Europe ou en Amérique du Nord. La prise en charge est de soutien : oxygène, gestion des fluides, et soins intensifs incluant la ventilation mécanique dans les cas sévères. Une hospitalisation précoce améliore significativement le pronostic — les patients qui atteignent une unité de soins critiques avant la phase cardiopulmonaire s'en sortent mieux que ceux qui se présentent tardivement.

La prévention vise le contact avec les rongeurs : sécuriser le stockage alimentaire, sceller les points d'entrée des cabines et dépendances, et utiliser des masques N95/FFP2 et des gants nitrile lors du nettoyage des espaces infestés. Pour les voyageurs en Patagonie, au Chili et dans la zone subantarctique, la recommandation standard est d'éviter de remuer la poussière dans les cabines et abris non ventilés où des rongeurs peuvent avoir été actifs.

Sources

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